Choisir sa vie (partie 2)

Dans le dernier article (que vous pouvez lire ou relire ici ), je vous laissé sur ces quelques mots :

Mais comment se réapproprier ses choix ?

Prendre conscience des “non-choix” cachés derrière ce qui ne nous convient plus aujourd’hui. Il peut s’agir de choix :

  • que nous avons laissés d’autres faire à notre place,
  • dont nous n’avons pas même pris conscience qu’il existait,
  • dont nous avons oublié la cause première.

Ces “non-choix” seraient-ils finalement de véritables choix que nous ne sommes pas en mesure d’assumer ?

Prenons quelques exemples pour illustrer plus concrètement cette idée :

Exemple 1 : 

Éric : “j’ai fait des études de médecine (que j’ai abandonné par la suite), car mes parents (tous deux médecins) voulaient que je perpétue la tradition familiale. Ce sont eux qui me paient mes études ceci dit ! Je n’avais pas vraiment d’autre choix”.

 Éric a bien fait le choix de laisser ses parents choisir pour lui. Il avait certainement de “bonnes raisons” d’avoir faire ce choix qu’il ne s’est pas approprié et qu’il a donc subi plusieurs années durant. C’est justement en cherchant du côté de ces bonnes raisons qu’Éric pourra se réapproprier son choix et l’assumer pleinement. Son choix n’était peut-être pas de faire médecine, mais de maintenir une relation privilégiée avec ses parents ? Ou peut être de rester protégé encore un peu par sa posture d’enfant avant de s’assumer en tant que jeune adulte ?

Deux questions à se poser : 
1/ Quel choix ai-je réellement fait en laissant l’autre choisir à la place ?
2/ Comment cela me permet-il de modifier mon regard sur ce que je vis et d’y redonner du sens ?

Exemple 2 : 

Sarah : “je n’ai pas vraiment choisi de passer le bac

→ Il est probable qu’il était impensable pour Sarah de ne pas passer son bac et qu’elle n’ait pas même envisagé que cela aurait pu être autrement que de suivre la route “normale” que tout le monde emprunte. Dans sa conception du monde, issue de sa culture familiale et sociale, il n’y avait même pas de choix à faire !
Ce fut d’ailleurs mon cas, et pourtant, ma sœur, qui a grandi dans la même cadre familial et social, a ,elle, décidée de renoncer à passer son bac à quelques semaines de la date des épreuves ! Elle a donc fait un choix volontariste, là ou j’ai fait un choix inconscient (subi ou non).

La vie est pleine d’étapes qui nous semblent naturelles et qu’on ne questionne pas tant tout cela nous semble normal. Et pourtant, derrière chaque pas, il y a un véritable choix. 

Deux questions à se poser : 
1/ Quels sont les choix que j‘ai fait sans en prendre conscience alors que j‘aurais pu choisir autre chose ? Dans mes études, dans ma vie professionnelle, dans ma vie familiale, dans ma vie sentimentale, etc.
2/ Parmi ces choix, lesquels me conviennent parfaitement et lesquels mériteraient d’être reconsidérés ?

Exemple 3 : 

Alain : “lors de mon divorce, j‘ai dû quitter ma région que j’aimais tant pour rester proche de mes enfants dont ma femme avait la garde principale”.

 Aujourd’hui, Alain vit depuis 10 ans dans cette région où il ne se sent pas bien. Il le subit et peste d’avoir été obligé d’y déménager. Avec le temps et la situation devenue normale, il a perdu de vue ce qui a motivé son choix 10 ans plus tôt : “rester proche de ses enfants”. Personne n’a choisi à sa place. 
J’ai un ami qui a choisi de ne pas quitter son île lointaine pour suivre son ex femme et son fils, rentrés en métropole. Quoi que vous en pensiez, il n’y a aucun jugement de valeur à porter sur son choix, dont il assume pleinement les conséquences : il le voit peu, sa relation avec son fils n’est pas simple, il peut difficilement voyager, car il consacre toutes ses vacances à aller voir son fils (encore un choix), etc.
D’autres feront peut-être un autre choix !
L’enjeu est encore une fois de se souvenir des raisons qui ont motivé notre choix pour se le réapproprier, l’assumer ou, le cas échéant, le remettre en question.

Deux questions à se poser : 
1/ Qu’aurais-je dû assumer si j‘avais fait un choix différent de celui que j‘ai fait et quelle vie aurait pu en découler ?
2/ Le choix que j‘ai fait à l’époque et dont les conséquences me pèsent trop, mérite il d’être reconsidéré aujourd’hui ?

Synthèse de cette première étape : 

Il s’agit de faire remonter dans le champ du conscient tout ce qui fait qu‘un apparent non-choix un bien un véritable choix que l’on a fait. L’objectif n’est surtout pas de se culpabiliser, mais bien de se réattribuer l’entière responsabilité de tous nos choix.

À quoi bon revenir sur les choix du passé ? Le passé, c‘est le passé !

Parce que cela rend plus heureux. En effet, on sent malheureux de subir des choses “qu’on n’a pas choisies”. On finit souvent par ne même plus savoir quelles sont ces choses et par vivre dans un sentiment de frustration qu’on ne sait pas vraiment expliquer.

Parce quon ne peut agir que sur quelque chose dont on est conscient, qui dépend de soi, et dont on prend sa part de responsabilité (je dis bien responsable et pas coupable).

Parce que la première étape pour changer des choses dans sa vie est sans doute de commencer par changer son propre regard sur ce qu’on vit.(remettre de l’objectivité et de l’enthousiasme dans son regard)

Selon moi, il s’agit avant tout une posture de vie. Si l’on croit que tout est possible et que l’on essaie coûte que coûte en faisant confiance en la vie ou si l’on croit que de toute façon, c’est pour les autres.

A très vite, pour un nouvel article sur le sujet !

David

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