Fatigués de changer, de se dépasser tout le temps ?

Des périodes de vie

Récemment, m’est revenue en tête, une discussion que j’avais eue, il y a quelques années sur les périodes de vie, les périodes de mouvement et de changement et les périodes de digestion. Je m’explique.

Quand on passe une période mouvementée, on a besoin d’un temps de digestion pour simplement savourer une nouvelle situation, une amélioration…Puis, peu à peu, vous intégez ce changement à votre vie (l’adaptation hédonique, dont j’ai déjà parlé ici). Et on a à nouveau envie ou besoin de changement.

Au début, il peut être difficile de remettre en place un changement, nos peurs nous reviennent. Les peurs qui voudraient que l’on reste dans notre zone de confort.
(A ce sujet, il y a une très belle vidéo sur la zone de confort ici.)

En pensant à cette discussion, je sais que c’est à ce moment-là que je me suis remise en route. Cela faisait 4 ans que j’étais arrivée à la Réunion. Le changement de lieu de vie, de travail, la découverte de l’île, j’avais profité et digéré. Il fallait se remettre en route. Je ressortais donc à nouveau de ma zone de confort : changements personnels, puis reprise de mes études…

Et si on se foutait la paix ?


Mais depuis cette année-là, quelles ont été les phases de digestion ?
J’ ai créé une boîte, appris un nouveau métier, repris à nouveau mes études, suis partie voyager à l’autre bout du monde, été célibataire geoagraphique, monter un nouveau projet de vie, puis tout effacer et repartir sur un nouveau projet, en cours de définition…Déjà, 7 ans que tout s’est accéléré, une vie riche et intense. Parfois, j’ai juste envie d’une période de digestion.

Sauf que je sais que ce n’est pas le moment, ce n’est pas maintenant. C’est comme si vous disiez à votre sage femme,en plein accouchement :  » non pas maintenant, je suis fatiguée, on reprendra dans quelques mois ».

Et la voie du milieu ?

Animée par ces réflexions, je tombe sur cette phrase ( dans le livre Libérez votre créativité) : « Ce que vous allez apprendre à faire, c’est à vous reposer en mouvement, comme si vous étiez allongé dans un bateau. »
L’image me parle. Je connais exactement ce ressenti. Il m’a sauvé du mal de mer. Je suis allongée dans la cabine. Je relâche tous mes muscles sur la couchette, je me laisse balloter par les mouvements du bateau. Quelque part, je fais corps avec lui, je lâche. J’essaie de ne pas m’inquiéter des craquements ou des claquements. Tout est amplifié dans la cabine. Je le sais. J’entrevois l’arrivée, je me laisse happer par le sommeil quand il vient, je lâche prise…

Finalement, je fais confiance dans la vie pour que tout se passe bien. Et je me dépose dans cette confiance, pour me reposer, même dans le mouvement…

L’année précédente a été remuante, déstabilisante ou chaotique. Le changement d’année ne va pas résoudre d’un coup de baguette magique tout ce qui nous a agité. Mais nous allons apprendre, ensemble, à se reposer en mouvement…

2 commentaires sur “Fatigués de changer, de se dépasser tout le temps ?”

  1. Se reposer en mouvement ? J’aime bien aussi 😉
    J’aime aussi la métaphore maritime. Je ne me suis jamais autant éclatée qu’en pleine tempête sur un ferry, et ça aurait du me mettre la puce à l’oreille quant à ma vie future. Mais je devais avoir dans les 14 -15 ans. Je n’ai pensé qu’à m’amuser à trouver un moyen de marcher et courir en domptant les roulis. Je me souviens de l’air humide qui rempli les poumons sur le pont, le bruit des vagues, les gens malades un peu partout et mon insouciance à cavaler partout avec une bande d’autres gamins insensibles au mal de mer. Ça a été un grand pied. On a récupéré le reste de la classe (ouais, c’était dans un voyage scolaire) et dans mon souvenir on leur a fait passé la nausée en organisant une partie de chat sur le pont arrière déserté juste avant l’arrivée. Ce jour-là, j’ai découvert le mal de Terre. J’ai bien douillé. En gros, le roulis continue dans ton corps alors que t’es sur une surface stable. C’est très déconcertant.
    Mais à tout bien considérer, il n’y a rien de plus beau et de plus vivant qu’une mer en furie. Possible que je l’aurai moins apprécié si le bateau avait été plus petit. Mais, bon, est-ce vraiment une histoire de taille, si on songe au Titanic…
    Pour en revenir à nos moutons (dans le ciel), 2020 a été pour moi l’année des révélations. L’année du déclic. L’année du resserrement des liens. Et du réveil. Un moment rare où au milieu d’un monde qui vole en éclat, quelqu’un comme moi trouve une certaine sécurité.
    Quand dans un atelier de développement personnel, on m’avait incité à quitter ma zone de confort, ma réaction première a été de me dire « mais de quoi tu parles ? ». La pensée suivante ça a été « j’aimerai bien la trouver ». Parce qu’à tout bien considéré, j’ai l’inconfort facile. Il me suffit d’être en société. Autant vous dire que pour moi, le confinement, ça a été le pied. Et surtout, c’est tombé au bon moment. Enfin bref.
    Moi je ne veux pas forcément être capitaine de mon navire. Parce que pour moi la place la plus importante c’est second ! lol Le soutien, la cohésion, le ciment. C’est ça mon confort en mouvement.
    Parce que pour conclure Aurélie, je suis bien d’accord, il faut vraiment se foutre la paix avec les injonctions, y compris celle de sortir de sa zone de confort. On n’est pas tous pareils, on ne sort pas tous du même moule, on n’a heureusement pas tous la même vision de la vie, on n’a pas tous envie d’être capitaine, on n’a pas tous envie de bouger en permanence. Par contre, on a tous un chemin à parcourir sur lequel il n’y a pas de raccourci. Il nous appartient. On en fait ce qu’on en veut. Sur les mers en furie ou sur une mer d’huile, ou encore en cale sèche. On est les seuls à savoir ce qui nous convient. Moi je veux embarquer sur un bateau où il y aura de la joie et de la bonne-humeur. Parce que finalement, quand on est bien entouré, on peut traverser toutes les tempêtes. Le repos est dans le coeur de nos compagnons de route 🙂

  2. Ca fait plaisir de te lire Annie !

    Le mal de terre, une horreur ! Je ne supportais même pas dans d’être dans un bâtiment…

    Oui je suis d’accord on a tous un chemin à parcourir et il nous appartient totalement. C’est juste ça être capitaine, pas forcément premier, pas forcément loin, et surtout pas seul ! Oh moi aussi, je veux un bateau où on se marre, et où on peut pleurer aussi car on peut être tel qu’on est ! vraiment. C’est vrai, bien entouré, on traverse tout, on avance, et même le plus dur nous lie encore plus. De plus en plus, je me rends compte du bien que me font les mots, ceux que j’écris et ceux que je lis ! Les tiens m’ont nourris aujourd’hui.
    J’aime beaucoup ceux de Nicolas Brun sur Linkedin, je te recommande 😉

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