les mots que l’on ose prononcer

Il y a des mots que l’on ose prononcer. Puis quelqu’un nous le lance à la figure, en toute simplicité, comme une évidence. Ce mot qui vous bouscule, qui vous perturbe, qui vous questionne. Que vous refusez.

Un mot n’est qu’un mot.

Et pourtant, nous savons que le mot peut faire des ravages.

Un ami racontait à sa compagne, comment le mot « bombe » prononcé dans un stade avait conduit à une fuite de panique et des blessés…

Au quotidien, je l’observe dans tous les pans de ma vie. Ces mots qui font mal, ces mots qui créent des problèmes de communication, de relations, des tensions, des conflits…

Mais est-ce le mot qui blesse ?

Non

Puisqu’il ne produit pas la même chose chez tout le monde. Ce n’est jamais le mot, parfois le mot et l’intonation, mais surtout à qui il est destiné. Et comment la personne vit ce qu’elle entend.

J’adore les mots, c’est certainement ce qui me pousse à écrire, à m’exprimer de cette manière, (notamment de cette manière).

J’adore remonter à l’origine des mots, leur étymologie. Pour moi, remonter à la racine, c’est comprendre la direction du mot, son intention. Cela éclaire son sens. Revenir aux origines. Au port d’attache.

Je sens parfois, que tout le monde n’a pas cette sensibilité aux mots. Je peux voir que je passe parfois complètement à côté de mes stagiaires en insistant sur l’origine des mots.

Mais par moment, ne faut-il pas être égoïste  ?

Se faire plaisir, goûter le mot, le plaisir de la précision, de la pensée juste.

Quitte à ne le partager qu’avec quelques personnes.

Il y a des mots que l’on ose pas prononcer, par peur d’exprimer ses sentiments, par peur d’être mal comprise, d’être jugée, par peur aussi d’être enfermée et de s’enfermer dans une boîte. Une boîte bien trop petite pour nous.

Les mots sont merveilleux, et la diversité des mots est une richesse incroyable. J’ai rencontré tellement de personnes prisonnières d’elles-même, car elles ne savent pas exprimer ce qui se passe à l’intérieur d’elles. Je trouve que là est la véritable misère.

Exprimer de quelques manières que ce soit, mais pouvoir exprimer toutes les nuances et les émotions que nous traversons..

Différents outils et grilles de lecture nous permettent de voir le monde, les gens et les relations sous différents angles de vue pour mieux l’appréhender.

Le regarder avec un seul outil, c’est comme regarder n’importe quel paysage avec des lunettes de soleil et penser que c’est la réalité.
C’est regarder une sculpture d’un seul point de vue et penser qu’on a vu la sculpture.

Je ne suis pas simplement ma nationalité, mon sexe, mon âge ou encore mon travail. Je SUIS une personne aux multiples facettes. Si chaque outil ou théorie peut m’aider à me connaître, comment ne pas se faire enfermer par cet outil ?

Comment ne pas devenir esclave de l’outil mais l’utiliser pour me faciliter la vie ?

Je suis rouge, mais aussi verte, je suis rêveuse, mais aussi travaillomane, je suis créative,mais aussi rigoureuse, je suis peut-être girafe, zèbre ou poulpe ….

Mais surtout, je suis Aurélie et chaque mot ne décrira qu’une partie de moi, une couleur parmi la palette de nuances qui font la personne que je suis….la personne que VOUS êtes !

 

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