Histoire d’aéroport

Un an après le début de mon blog, je me trouve à nouveau dans un aéroport, et bizarrement, là plus qu’ailleurs l’envie d’écrire me démange…Elle est semblable à l’excitation du voyage, qui a devancé le stress du départ…Depuis que je suis rentrée dans mon avion, direction Dubai.
L’A380 d’Emirates. Une expérience à vivre. Je me suis retrouvée comme une enfant dans un magasin de jouets avant Noel.

Je suis maintenant à Dubai, dans cet aéroport semblable à un immense un centre commercial où la nuit et le jour ne semble plus rythmer grand chose.
J’attends mon embarquement. A côté de mes co-avionneurs, je repense à cette conférence d’Emmanuelle Duez sur les générations Y, qui disait qu’il y a maintenant plus d’écart entre un jeune de 20 ans, et un baby-boomer qu’entre deux jeunes qui vivent à l’autre bout du monde. Et en termes d’origines différentes, à Dubai, on est servi. L’aéroport semble desservir le monde entier. Une porte ouverte sur le monde, dans un univers aseptisé.

Dans l’avion, je me demandais ce que j’aimais à ce point dans le voyage. Je pourrais trouver des tas de raisons, tout en ne sachant pas l’expliquer. Je pourrais dire que j’aime découvrir, de nouveaux lieux, de nouvelles cultures, de nouvelles façons de penser…mais tout cela peut se faire chez soi, en allant à la rencontre des autres, en allant découvrir et parcourir les chemins. Et si je le fais, pourquoi je ressens autant ce besoin de partir, de le faire dans un autre contexte. J’apprécie de plus en plus de partir légère, peu d’affaires avec moi, l’essentiel, bien réfléchi. Le départ génère en moi, comme une autre posture. Une observation ouverte, curieuse et amusée sur les choses. C’est exactement ce que je ressens en écrivant là, dans cet aéroport, entourée de dizaines de personnes aux histoires différentes. J’aime cette bulle que crée l’aéroport, entre deux lieux, entre deux temps, hors réalité. Et c’est pourtant un lieu totalement factice, qui gomme la nature et la culture.

Peut-être est-ce le mouvement induit par le voyage qui permet une plus grande introspection ? Une porte ouverte sur le monde, dans un univers aseptisé.

Est-ce que ce voyage est une forme moderne du nomadisme ? Les nomades n’ont-ils pas été des grands sages ? L’impermancence du mouvement est peut-être la seule manière d’accepter l’impermanence de la vie, pour mieux la savourer ?

Est-ce que le nomadisme me conviendrait ? Si j’ai été longtemps convaincue que non, ces derniers temps, l’idée fait son chemin. Trouver l’équilibre entre le voyage et l’ancrage, comme cette image de la pirogue. Je pense que cet article pourrait trouver écho dans l’expérience de nomade que David vit depuis bientôt un an.

Je lisais tout à l’heure une citation fort à propos : “l’homme qui veut s’instruire, doit lire d’abord et puis voyager pour rectifier ce qu’il a appris” (G. Casanova). Ouvrir son esprit, et expérimenter, vivre les choses. Dans un récent travail d’écriture, je faisais d’ailleurs le lien entre lecture et voyage. Les livres ont été mes premiers voyages, les livres sont mes voyages du quotidien, et ils me permettent d’avoir également du voyage dans le voyage. Ceci m’amène à penser que le voyage est donc aussi une évasion …

Et toi ? Pourquoi voyages-tu ? Que cherches-tu dans le voyage ?

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