Revenir à l’essentiel ?

 

A quoi utilisons nous notre temps ?

On nous dit que “le temps, c’est de l’argent” … et si c’était l’inverse ?

L’argent, c’est du temps passé à ne pas faire autre chose. Qu’est ce qui est le plus précieux finalement, l’argent qu’on possède ou le temps dont on dispose pour faire ce qu’on aime ?

J’utilise régulièrement un petit exercice pour questionner les choses qui me semblent normales, je l’ai appelé “le point de vue de l’extraterrestre”.

Il s’agit de se mettre dans la peau d’un être totalement extérieur à nos références, à nos normes, et qui passerait visiter la terre en observateur, pour se faire un avis sur l’espèce humaine. M’imaginer dans la peau de cet extraterrestre facilite cette dissociation un peu extrême qui consiste à essayer de faire abstraction de tout ce que je suis (références culturelles, etc.) pour considérer ce que je regarde avec un œil neuf.

S’il visitait nos mégalopoles occidentales pour savoir à quoi les humains passent leur temps,  cet extraterrestre pourrait probablement penser que nous sommes une espèce assez peu évoluée, voire stupide, dont bon nombre d’individus gaspillent le temps qui leur est donné à la naissance, leur quota d’heures à vivre, à subir une vie qui ne les intéresse pas pour gagner de l’argent ; Cet argent leur permettant de vivre dans des endroits qui les rendent malheureux en achetant un tas de choses dont ils n’ont pas vraiment besoin pour être heureux !

C’est probablement un peu caricatural, mais aurait-il tout à fait tort ??

En effet, cet argent nous sert en grande partie à se payer un confort inutile, ou au minimum superflu et artificiel. Ce confort, dont nous pensons avoir besoin, permet tout au plus de compenser nos manques (et encore, puisque, même aisé, on souffre de burnout), eux-mêmes créés par tout ce temps perdu à ne pas vivre l’essentiel : faire ce que l’on aime et profiter de ceux que l’on aime.

Autrement dit : Nous perdons notre vie à la gagner !

Pendant qu’on accumule ou qu’on dépense, on passe à côté de nos propres rêves en nourrissant les objectifs des autres … on utilise nos heures, nos jours, nos semaines, nos mois et nos années de vie en attendant un jour hypothétique où l’on pourra enfin vraiment en profiter. J’ai malheureusement connu ces dernières années pas mal de collègues qui n’ont jamais atteint ce fameux jour !!!

“Gagner sa vie” …

… voilà un concept intéressant, bien ancré dans notre société, jusqu’au tréfonds de notre subconscient.

Les mots ont du sens, ne les négligeons pas. Cela sous entend-il que notre vie ne nous appartient pas et qu’il nous faut la gagner ?

Nous avons la chance, (la plupart de ceux qui liront cet article) depuis l’abolition de l’esclavage, de disposer d’une merveilleuse certitude : notre vie est certainement la seule chose qui nous appartient vraiment ! Elle est à nous … il n’y a pas à la gagner … juste à la vivre !!!

Devoir coûte que coûte gagner sa vie … n’est-ce pas le plus fabuleux mensonge qu’on ait réussi à implanter dans nos têtes comme s’il s’agissait d’une vérité absolue ?

“Tu dois travailler pour gagner ta vie, pour mériter ta maison, pour avoir une belle voiture”.

Pour être sûr de nous maintenir dans ce système asservissant, notre société a créé le confort. La belle maison, la belle voiture … de l’électroménager pour la ménagère des années 50 au smartphone dernier cri des années 2010 ! Toujours de nouveaux “besoins” qui nous enlisent de plus en plus dans des satisfactions artificielles. A tel point qu’il nous paraît bien souvent impossible de nous soustraire à ce modèle de vie.

Nous sommes tellement bien conditionnés que nous sommes convaincus qu’il faut beaucoup d’argent pour bien vivre et faire des choses intéressantes et nous n’imaginons pas une seule seconde pouvoir vivre autrement que ce que l’on a toujours vu, entendu ou fait !

Ne vaudrait-il pas mieux se contenter de moins et de redevenir maître de son temps, et donc de sa vie ?  

Il suffit de “sortir des clous” pour se rendre compte que plein de gens ordinaires ont trouvé, chacun, un chemin qui leur ressemble pour mener la vie qu’ils souhaitent. Les uns en voyageant, les autres en devenant plus autonomes, certains en retournant vivre dans la nature, … peu importe la manière tant que ça nous ressemble.

Finalement, il suffit d’être capable de faire des choix, de s’engager, d’agir, de prendre quelques risques, de persévérer et de croire en soi.

Mais qui n’est pas prêt à essayer pour mener une meilleure vie, plus proche de ses aspirations ?

AGIR … voilà l’ultime secret !

Un proverbe chinois dit : “parler n’a jamais fait cuire le riz”.

Il faut reconnaître que notre chère société française ne nous y aide pas : que quelqu’un essaie de faire des choix différents et il est immédiatement taxé de saltimbanque, de bon à rien, de poète, voire pire, d’assisté, de poids pour la société. “Enfin, ce n’est pas sérieux !”

Grandir, n’est ce pas accepter de sortir du chemin qui a été préparé pour nous et tracer son propre chemin ? Faire ce qui nous touche, ce que l’on aime, ce qui nous fait vibrer, ce qui nous donne de l’énergie et de la joie de vivre ?

N’est ce pas assumer ce qui nous rend unique et tâcher d’en faire quelque chose de beau, d’utile, d’épanouissant … ce que certains appellent “vivre sa mission de vie” ?

A chacun de décider ce qu’il souhaite faire du cadeau le plus précieux qui lui ait été donné : son temps de vie.

Je me suis beaucoup questionné sur le sens de la vie … et les réponses que j’ai trouvées pour l’instant sont très simples :

  • D’abord la vie est un cadeau, il convient tout simplement d’en profiter pleinement, de la savourer, de faire plein d’expériences, d’utiliser notre esprit, notre corps, nos sens, d’en repousser les limites, de jouer, de rire, d’aimer, d’apprendre …
  • Ensuite, je pense que nous sommes des expériences en marche parmi d’autres. Alors autant être vraiment soi-même, chercher sa raison d’être en vivant ce qu’on a dans les tripes et ce qui nous anime plutôt que de chercher à faire “comme tout le monde”.
  • Enfin, je crois qu’on peut espérer gagner en conscience au cours d’une vie et ainsi contribuer à l’augmentation du niveau de conscience collectif … notamment, en transmettant aux autres, à ses enfants, à ses proches, ou à des inconnus. Il peut s’agir de transmettre volontairement (enseignement, éducation) ou simplement en étant pleinement soi-même, par l’exemple, en incarnant pleinement nos valeurs.

Transmettre ce qu’on a compris du monde et participer à le rendre plus juste et plus agréable pour tous serait à mes yeux une forme d’aboutissement.

Pour toutes ces raisons, il me semble qu’avant de nous focaliser sur le moyen qu’est l’argent, nous devrions axer prioritairement nos vies sur l’essentiel, c’est à dire l’épanouissement personnel. Cela peut sembler très égoïste, mais je suis convaincu que ce n’est que quand on déborde d’énergie qu’on peut en donner autour de soi avec justesse et contribuer au monde de façon équilibrée.

Pour cela, on a besoin de vivre des relations de qualité, de manger de la bonne nourriture, de se sentir en sécurité et de ressentir de belles émotions … de l’émerveillement, de l’amour, de la joie, de la légèreté, de la liberté.

Malheureusement, notre fonctionnement sociétal a mis un prix sur ces choses … “tu n’y auras droit que si tu deviens riche ou quand tu seras à la retraite” … autrement dit, si tu as de l’argent ou que tu as épuisé la majeure partie de ton temps de vie !

Avec moins de besoins, on peut tout à fait vivre une vie qui nous ressemble plus, avec peut-être moins de confort, mais avec un rapport au temps, à l’argent et aux relations plus équilibré et plus épanouissant. (C’est par ailleurs bien plus écologique, puisque qu’il s’agit là d’une thème d’actualité ????).

Il ne s’agit pas selon moi d’un retour en arrière, mais plutôt de stopper une fuite en avant.

Finalement, tout est une question d’équilibre et de choix de vie !

Attention, que mon message soit clair. Mon propos n’est pas de prôner l’abandon de notre société et ni de la critiquer gratuitement. Nous vivons dans des pays privilégiés et à une époque privilégiée. Il ne s’agit pas de ”cracher dans la soupe” mais de réfléchir aux façons de contribuer au mieux-être des individus et des sociétés de demain.

Je défends simplement l’idée qu’on vit malheureux ou stressé parce qu’on a fait passer l’essentiel au second plan et le superflu au premier plan. Cela crée une perte de sens dans tout ce que nous faisons. Ainsi, chacun peut se réapproprier sa vie en faisant passer ce qui lui paraît essentiel au premier plan et consacrer ses heures de vie à cet essentiel, rien de plus. C’est la meilleure manière que j’ai trouvé pour redonner du sens à ce que nous vivons.

Comme le disait le Mahatma Gandhi : “Sois le changement que tu veux voir dans le monde”

 

>>>  Un peu de pratique :

Liste les choses qui sont essentielles pour toi dans une colonne. Dans la seconde colonne, indique le temps que tu y consacre. Dans la 3ème, l’énergie que ça t’apporte (+++) ou que ça te coûte (–)

Fais de même en listant les choses qui occupent ton quotidien en réalité.

Comment peux-tu réduire le temps consacré à ce qui te coûte de l’énergie et accroître le temps consacré à ce qui t’en donne ?

 

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